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Publié le 25/11/2025

Beyond The Pavilion - Portraits d'architectes : Cyril Rousseaux

Le documentaire Beyond the Pavilion, réalisé par Mister Emma, propose une lecture approfondie des pratiques architecturales wallonnes à travers le prisme des pavillons nationaux conçus pour les expositions universelles.

En s’intéressant à cinq architectes actifs sur la scène internationale, le film analyse la manière dont ces dispositifs éphémères condensent des enjeux structurels : durabilité, identité, innovation programmatique, contraintes logistiques et mise en récit des territoires.

Cyril Rousseaux : une trajectoire ancrée dans le contexte louviérois 

Issu d’une pratique essentiellement orientée vers les marchés publics et les programmes de grande échelle (hôtels de police, équipements publics, promotions immobilières), Cyril Rousseaux inscrit son travail dans un rapport étroit au territoire louviérois : son bureau Carré 7 a la volonté d’accompagner la transformation urbaine locale.

L’intérêt de Cyril Rousseaux pour les expositions universelles ne relève pas d’une opportunité ponctuelle, mais d’un attachement ancien, profondément ancré dans son parcours: enfant, une visite à l’Atomium marque durablement son imaginaire. 

Il découvre alors non seulement un monument, mais un récit architectural : celui de la Belgique qui se projette dans un futur optimiste, en dialogue avec d’autres nations.

L’eau comme structure et comme récit

Le thème général de l’Exposition universelle - Saving Lives - amène Cyril Rousseaux à poser un constat simple mais structurant : pour pouvoir sauver des vies, il faut protéger l’eau.

L’idée émerge dans un contexte fragile : période post-Covid, inondations en Wallonie, et symbolique profonde de l’eau au Japon. La réflexion s’est articulée autour des trois états de l’eau, constituant la base du parti architectural, spatial et scénographique :

  • État solide : l’Icebox
    Un volume monolithique à l’apparence cristalline, revêtu de surfaces holographiques, travaillant la diffraction de la lumière pour évoquer la transparence et la masse d’un bloc de glace.
  • État liquide : le parcours initiatique
    Le dispositif d’entrée amène les visiteurs à "marcher sur l’eau”, dans une référence explicite aux rituels de purification japonais.
  • État gazeux : les sphères atmosphériques
    La toiture accueille dix volumes gonflables, en clin d’œil à l’Atomium. Ces éléments matérialisent l’état gazeux de l’eau tout en générant un signal aérien identifiable.
  • À l’intérieur, une forêt végétale, image de la vie générée par l’eau, structure la spatialité du pavillon et crée une continuité sensorielle entre les trois registres du récit.

Le pavillon a été conçu selon un principe de démontabilité intégrale, tous les modules étant dimensionnés pour entrer dans des conteneurs. Le pavillon devrait ainsi connaître une seconde vie sur un site de la région louviéroise, prolongeant sa trajectoire internationale par un ancrage local.

Le pavillon belge médaillé de bronze

À l’issue des six mois d’Expo, le pavillon belge d’Osaka a été récompensé par une médaille de bronze décernée par le Bureau International des Expositions pour la meilleure interprétation du thème. Le jury a salué la cohérence du projet autour de Saving Lives, la clarté du récit architectural et la profondeur de sa réflexion sur l’eau comme ressource vitale.

Dans un contexte où de nombreux pavillons bénéficient de moyens considérables, la Belgique se distingue par une approche fondée sur l’humanité, la lisibilité du message et la qualité de l’expérience spatiale. Cette distinction renforce l’impact du pavillon et confirme la pertinence de la démarche portée par Cyril Rousseaux et son équipe.