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Publié le 28/01/2026

Beyond The Pavilion - Portraits d'architectes : Laurent Ney

Le documentaire Beyond the Pavilion, réalisé par Mister Emma, propose une lecture approfondie des pratiques architecturales wallonnes à travers le prisme des pavillons nationaux conçus pour les expositions universelles. À travers les parcours de cinq architectes actifs sur la scène internationale, le film met en lumière des visions architecturales fortes, où se croisent durabilité, innovation structurelle et expression culturelle.

En s’intéressant à ces figures majeures, Beyond the Pavilion analyse comment le pavillon — objet éphémère par excellence — devient un condensé d’enjeux complexes : contraintes de temps, démontabilité, narration territoriale, responsabilité environnementale et collaboration interdisciplinaire. Cet épisode est consacré à l’ingénieur et concepteur de structures Laurent Ney.

Laurent Ney : l’ingénierie comme culture du projet

Ingénieur civil, Laurent Ney est cofondateur de Ney & Partners, bureau reconnu internationalement pour son expertise dans la conception de structures architecturales légères, innovantes et durables. À la croisée de l’art et de l’ingénierie, son travail se distingue par une capacité à transformer des intentions architecturales ambitieuses en dispositifs constructifs rigoureux, sensibles et profondément contextualisés.

Son parcours est jalonné d’ouvrages devenus références. Qu’il s’agisse de la passerelle de Spoor Noord, pensée comme une transition poétique entre ville et nature, ou de projets plus emblématiques comme la passerelle de Knokke ou celle de Tintagel, Laurent Ney revendique une approche non formaliste : chaque projet naît de l’analyse fine de ses contraintes — physiques, culturelles, historiques ou procédurales. Il ne s’agit pas de développer un style, mais de formuler des réponses cohérentes à des situations toujours singulières.

"La simplicité est l'ultime sophistication"

Pour Laurent Ney, la simplicité résulte d’un travail d’épure, d’une question constante : de quoi a-t-on réellement besoin ? 

Ce qui peut être retiré renforce le projet. L’élégance n’est jamais un objectif en soi, mais l’aboutissement d’un processus exigeant. Cette sobriété assumée ouvre à plusieurs niveaux de lecture : l’expérience du paysage lointain, celle du corps en mouvement sur l’ouvrage, le contact direct avec la matière.

Le pavillon luxembourgeois à Osaka 

L’exercice du pavillon introduit une contrainte supplémentaire : celle du temps court et de l’éphémère. 

Pour le pavillon luxembourgeois de l’exposition universelle 2025 à Osaka, conçu avec le groupe SteinmetzDeMeyer architectes, le scénographe Jangled Nerves, Betic et Ney & Partners, Laurent Ney a fait le choix de systèmes industriels existants : panneaux de coffrage en béton, colonnes en acier et matériaux japonais standards, tous destinés à être réemployés après l’événement.

Le projet, intitulé Doki-Doki Lu — « battement du cœur » en japonais — est un ensemble de volumes unifiés par une membrane tendue monumentale, visible de loin et animée par la lumière nocturne.

Cette enveloppe, à la fois protection et geste fédérateur, a été démontée à l’issue de l’exposition. Les dimensions du pavillon, basées sur celles des tatamis, traduisent une attention fine au contexte culturel et à l’économie circulaire, au cœur du message porté par le Luxembourg.