Projet

Rénovation et extension de la Cité Administrative de Liège

Architecte

Canevas - Architecture et ingénierie

Association momentanée

Baumans-Deffet, Architecture et Urbanisme

Programme

La reconversion architecturale de la Cité Administrative construite en 1966 par les architectes Poskin et Bonhomme nourrit plus largement un projet urbain stratégique dans le renouveau de la Métropole Liégeoise et plus spécifiquement du cœur historique.

À propos

À l’échelle urbanistique, le projet s’inscrit dans une redynamisation globale du quartier en profitant de l’arrivée du tram. La scission des arrêts de trams (entrée et sortie de ville) de part et d’autre de la Cité, Quai de la Batte et en Feronstrée assure une accessibilité en mode doux idéale pour les +/- 500 agents et active également le pied de la tour transformé en un véritable espace public offrant des usages multiples et de nouveaux parcours urbains.
En outre, un parking vélo de 115 places est prévu au sous-sol (idéalement connecté au centre-ville et au Ravel).


Au rez-de-chaussée, la dalle est libérée des constructions annexes formant actuellement un îlot urbain surdimensionné infranchissable. Cette porosité démultiplie les liens urbains entre la Meuse et les Coteaux, révèle de nouvelles continuités piétonnes potentielles vers l’îlot Saint-Georges, fluidifie les parcours et valorise la proximité symbolique du citoyen et de sa cité administrative. La soustraction des annexes existantes permet également de mettre en valeur la « tour », témoignage significatif de l’architecture moderniste et de respecter l’esprit de « beffroi » (verticalité qui se démarque dans le paysage bâti). 
Libéré de son socle, le programme (une administration plus accessible) implique la mise en forme d’un nouveau volume qui appartient à la tour tout en préservant sa force et son autonomie. Cette extension appartient à la morphologie ville par son gabarit et la composition de ses façades (continuum urbain) et qui est autonome par sa volumétrie et sa matérialité dans l’espace urbain.


Au nord, en relation directe avec une esplanade généreuse, une entrée unique est abritée par une loggia au premier niveau. Cet « auvent » est le signe tangible de la nouvelle entrée d’une Cité rénovée. L’espace qui l’accompagne forme un espace public de rencontre et de convivialité (17,50 m x 50 m) à l’attente et à la sortie de la Cité.


À l’est, le péristyle accueille une rampe et un escalier améliorant l’accessibilité depuis la rue Saint-Jean-Baptiste.
Au sud, la rue Barbe d’Or est partiellement reconfigurée et élargie par la façade très urbaine de l’extension de la cité administrative.
Par contraste avec la tour, la complexité volumétrique interne de l’objet « associé » offre aux utilisateurs un paysage de proximité partiellement intériorisé. Les évidements permettent d’une part d’amener de la lumière naturelle au cœur de la masse bâtie et, d’autre part, d’offrir aux utilisateurs des espaces extérieurs bien orientés et de qualité (jardins/ terrasses) en rapport avec les fonctions plus collectives (salles de réunion, cafétéria, attentes). Les niveaux 0 à +2 sont consacrés aux espaces accessibles au public. Les niveaux +3 à +5 regroupent les fonctions plus collectives du programme. Des dispositifs de duplex partiels permettent de mettre en relation certains espaces (cafétéria/réunion, espaces de réception du public 0/+1).


Le nouveau volume construit est simple et urbain dans sa perception globale. Les dimensions des baies de fenêtres et trumeaux émanent des proportions des murs rideaux de la tour. Une filiation existe entre les deux volumes. La matérialité de l’extension, une brique de ton gris/pierre est en contraste avec la tour vitrée tout en s’associant avec cette dernière par la modulation de la brique en carrelage (joints verticaux continus).
La tour propose une addition verticale de plateaux identiques aménagés selon le principe des New Ways of Working associés à la qualité des vues sur le paysage lointain.


Le projet respecte la qualité architecturale moderniste des façades et intègre les différentes contraintes liées à un projet architecturalement et techniquement ambitieux.
Les cadres en béton architectonique des façades principales, dégradés et fissurés, présentent des désordres et des risques d’instabilité. Ils sont démontés ainsi que les châssis existants. Le budget est investi dans des façades réinterprétées plutôt que dans des rénovations délicates, coûteuses et pénalisantes pour atteindre des performances énergétiques élevées.


La question de la transparence, très présente dans l’architecture moderniste, est réinterprétée par l’organisation intérieure qui crée des espaces de bureaux traversants de part et d’autre des circulations verticales recomposées dans un noyau central compact et unitaire.
Des murs rideaux intègrent le rythme et l’alternance de travées de dimensions différentes existantes. Ils reprennent la lecture croisée d’un plan principal de longues verticales et d’un plan horizontal secondaire. Des pare-soleil fixes complètent ce « tissu ». Cet ensemble réécrit une nouvelle trame dans le respect des caractéristiques des qualités originelles des façades principales. 


Les deux pignons aveugles doivent être isolés thermiquement et revêtus d’un parement. Ces surfaces importantes sont de magnifiques opportunités pour recevoir des panneaux photovoltaïques. Les vitrages des panneaux sont prévus teintés dans les tons gris anthracite afin d’adoucir leur présence par rapport aux tonalités générales du contexte et du bâtiment rénové.
Le R+18, accessible de manière autonome, est une terrasse sur la ville, support d’imaginaire collectif. 
Une nouvelle écriture du couronnement rappelle les éléments singuliers en béton architectonique de la tour existante. 
Une structure métallique en V reprend un caillebotis, support de l’éclairage en sous-face. De loin, sans créer une toiture, le caillebotis devrait donner une impression de surface. L’œil trouve un « arrêt » avant de filer vers le ciel. La nuit, l’éclairage festonne la tour.


La projet urbanistique, architectural, technique, énergétique et financier maximalise le potentiel d’utilisation du lieu out en anticipant sur l’évolution de la ville et des modes et méthodes de travail dans les décennies à venir. Le projet révèle un potentiel d’adaptation très important, signe de durabilité 
et de conscience environnementale. Le bâtiment est conçu pour atteindre l’objectif environnemental du zéro carbone.


Les trois œuvres d’art présentes sur/dans le bâtiment sont intégrées dans le nouveau projet. La peinture murale de l’artiste Nicolas Kozakis représentant les contours de la grotte de la Nativité (2006) se trouvant sur le sommet  du pignon sud-ouest du bâtiment sera réinterprétée grâce à la mise en place d’un très fin film reluisant contenant des cellules photovoltaïques. La sculpture d’Idel Ianchelevici (1909 - 1994) intitulée : « Deux jeunes filles qui se coiffent les cheveux » présente dans le patio des bâtiments existants sera relocalisée à l’extrémité d’une jardinière linéaire située devant l’entrée du bâtiment. La citation de Michel de L’Hospital (1505-1573) gravée à la base du pignon sud-ouest sera replacée dans la zone d’attente du bâtiment

Typologie
Bureaux
Statut
Construit
Année de livraison
2023
Maître d’ouvrage
Ville de Liège
Budget total
30 000 000 €
Surface batie
10.500 m2

Potiérue 5
4000 Liège
Belgique

Plus d'information
Canevas - Architecture et ingénierie

Répertoire

Repertory

Consultez notre répertoire de projets en Fédération Wallonie-Bruxelles

> Voir tous les projets